• Olivier PEYR

Histoire métaphorique "Petite fleur" : estime de soi, exploration des limites et prise de décisions

Mis à jour : 19 févr. 2019






Proche de la forêt se trouve un joli champ de fleurs sauvages. C’est une prairie naturelle à l’orée du bois. Un lieu calme et reposant inondé par une superbe luminosité. En cas d’intempérie, les grands arbres protègnt les milliers de fleurs qui y poussent.



C’est le printemps, un méli-mélo de couleurs fraîches et vives égaie l’endroit. Le chant des oiseaux et le bruit du vent se mélangent dans les arbres pour créer une harmonie parfaite. La beauté des lieux rappelle combien la vie peut être belle et pleine d’énergie.


Au milieu de cette prairie poussent des anémones, des pâquerettes, du liseron, quelques géraniums sauvages et des luzernes. Toutes vivent ensemble, en harmonie, comme une grande famille. Elles se soutiennent, elles s’épaulent. Elles semblent heureuses. Pourtant, parmi elles, une petite fleur est préoccupée :


« Pourquoi suis-je si fragile, si frêle ? » se demande-t-elle.

« Ma tige est fine et cassante, mes feuilles sont minces et mes pétales sont si légers qu’ils peuvent flotter dans le souffle de l’air. Que dois-je faire pour être plus forte ? »


Petite fleur a déjà posé la question à ses parents et sa meilleure amie la pensée. Ses parents pense qu’elle l’apprendra en grandissant et son amie la pensée lui a dit de penser à autre chose, mais elle ne peut pas, elle ne peut plus, le temps qui passe a rendu la réponse indispensable.


« Peut-être que les trèfles pourraient le savoir. » se dit-elle.



Elle court les voir. Ils sont réunis côte à côte non loin de là. Elle demande à toute l’assemblée :


« Bonjour les trèfles, savez-vous comment faire pour être plus fort ? »


Cette question entraîne un long débat : certains pensent qu’il faut naitre fort et d’autres pensent que seul l’apprentissage révèle le potentiel d’un individu. Certains disent que ce sont les qualités individuelles de chacun qui définissent sa force quand d’autres soutiennent qu’elle ne peut être qu’une œuvre collective. Après quelques temps, dans un brouhaha confus, l’un d’eux prend la parole :


« Comme tu le vois, nous ne sommes pas d’accord entre nous. Nous allons continuer à nous concerter quelques temps. Si tu es pressée, demande aux arbres de t’aider. »

« C’est vrai ! » se dit-elle

« Eux qui sont si grands et si forts. »


Sans prévenir et en dépit des avertissements de sa mère et de son père, petite fleur s’aventure en dehors de la prairie pour discuter avec un arbre. Lorsqu’elle arrive à l’entrée de la forêt, elle sollicite l’un d’eux :


« Bonjour ! Désolée de vous déranger. Vous qui êtes si grand et si fort, pouvez-vous me dire ce que je dois faire pour être comme vous ? »


Après quelques secondes de silence, il lui dit :


« Je ne peux pas te répondre mais je sais qui pourra le faire. Il y a un vieil arbre au centre de la forêt. On dit qu’il sait tout ce qui est utile de savoir. Attention, la traversée est longue et périlleuse, tu prends des risques en y entrant, prend le temps de bien réfléchir avant d’y aller. »


Petite fleur part aussitôt. A mesure qu’elle marche dans la forêt, la lumière se raréfie et l’atmosphère devient pesante. Elle se fatigue rapidement et tous ses gestes deviennent laborieux. En chemin, elle sent que ses forces s’amenuisent mais elle persévère car c’est une battante. Elle est rivée sur son objectif et continue malgré tout son périple sans même savoir quelle est la distance restante à parcourir. Elle passe devant des arbres immenses qui sont stupéfaits de la voir ici. Certains l’encouragent, d’autres font frétiller leurs branches pour faire tomber les quelques gouttes de pluie nécessaire à sa survie. Malgré leur aide, elle se retrouve bientôt à bout de souffle. Totalement épuisée et désorientée. Malgré son immense motivation et le soutien des arbres, elle se sent seule dans une épreuve dont elle est certaine désormais qu’elle y laissera sa vie.



Alors qu’elle pense être perdue, elle aperçoit une lumière au loin. Il s’agit d’une petite brèche dans un branchage épais qui permet miraculeusement au soleil de se frayer un chemin jusqu’au sol. Elle consacre le peu d’énergie qui lui reste à se rendre au-dessous. Elle y arrive en suffoquant, presque morte. Immédiatement, les rayons chauds et brillants envahissent tout son être comme un bain de douceur confortable et apaisant. Ils caressent ses feuilles et lui redonne une énergie fortifiante dont elle profite pleinement. Chaque instant sous ce puits de lumière rend le moment présent magique et merveilleux. Jamais elle n’a ressenti pareille sensation de bien-être. Bientôt, elle se sent beaucoup mieux.

C’est alors qu’elle remarque abasourdi la présence d’un arbre au tronc gigantesque qui la regarde fixement se prélasser. Le vieil arbre est là, juste à quelques mètres d’elle. Elle se dirige vers lui :


« J’ai fait un très long voyage pour te parler, j’aimerai que tu répondes à une question importante : J’aimerai savoir comment être plus forte ? »



Le vieil arbre prend une grande inspiration et commence dans un soupir à lui conter cette histoire :


« Il y a bien longtemps alors que je n’étais qu’un jeune arbre, j’ai quitté les miens pour vivre une nouvelle aventure. Je suis parti découvrir le monde. Pendant mon voyage, j’ai traversé des rivières et des montagnes. J’ai marché pendant des milliers de kilomètres sur des terres arides et infertiles sans eaux ni aucune nourriture, des endroits inhospitaliers faits de déserts de glace ou de sable. Parfois, la nuit enveloppait le ciel des semaines entières. Mes ennemis, tapis dans l’ombre, rodaient en attendant un faux pas. Pendant tout ce temps, j'ai surmonté les pires épreuves. Pour me donner le courage de le faire, je pensais souvent à ceux que j’avais laissés : mes parents, ma famille et mes amis. Après des années d’expédition, j’ai décidé de rentrer chez moi pour raconter mes nombreuses aventures. Dès mon retour, je me suis rendu compte très vite que les choses avaient beaucoup changé. Ma forêt avait disparu, tous ses habitants étaient partis ailleurs car le climat était devenu invivable. J’ai cherché des jours entiers un indice ou un message laissé par mes parents à mon attention mais en vain, il n’y avait plus rien, sauf moi, planté là. J’ai fini par prendre racine ici et le climat est redevenu plus clément au fil du temps. Puis d’autres sont venus me rejoindre dans cette nouvelle vie. Aujourd’hui, je suis probablement plus fort et solide que n’importe quel autre arbre de la forêt mais je suis triste car je repense sans arrêt aux mauvaises décisions que j’ai prises. »


Petite fleur, attentive à ce récit, repense à son voyage : les difficultés, les souffrances et les doutes. Elle se souvient des conseils de ses parents qui lui disaient de prendre le temps de grandir et d’éviter les dangers inutiles.


« J’aimerai tant être avec eux en ce moment. » se dit-elle.


Le vieil arbre l'interrompt :


« Lorsque tu es arrivé ici, tu étais en grande souffrance n’est-ce pas ? »

« Oui, c’est vrai. » lui répond petite fleur

« Vers qui allaient alors tes pensées ? »

« Je pensais à mes proches. » lui dit petite fleur

«  De quoi as-tu besoin désormais ? »


A cet instant, le vieil arbre, content d’avoir la sensation d’avoir aidé petite fleur, s'assoupit lourdement puis s’endort profondément, et un long silence inonde alors la forêt.


Petite fleur, encore un peu perturbé par l’histoire du vieil arbre et cette dernière conversation, décide alors de repartir chez elle. Elle prend une réserve d’eau et de l’énergie puis emprunte à nouveau les sentiers forestiers. Elle se redirige d’un pas soutenu et précis vers chez elle. Après quelques temps, elle rejoint épuisée mais indemne sa prairie. Tous ces amis et sa famille sont soulagés et heureux de la revoir. Son amie la pensée lui demande :


« Alors, as-tu la réponse à ta question ? »


Petite fleur lui dit :


« Peu importe, je suis là, avec vous tous, c’est le plus important désormais. »

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